Approche historique des jardins en Bretagne

Attention, l’approche historique des jardins en Bretagne est un extrait de mon mémoire, tout plagiat est strictement interdit et peut être sanctionné au pénal!

André LE SCIELLOUR

André LE SCIELLOUR à Pont-Aven

Approche historique des jardins en Bretagne

2-1-4- 1 Un peu d’histoire

C’est au 16eme siècle que se développe vraiment l’intérêt pour les plantes en tant qu’objet d’étude, de collection et d’expérience. Cet intérêt est lié en partie aux découvertes de nouveaux territoires par les navigateurs de l’époque. C’est aussi le début des expéditions à but scientifique (collecter de nouvelles espèces, les répertorier, les classer et les étudier).

Nous avons des témoignages comme celui de La Duchesse Anne De Bretagne 1476 – 1514 qui écrivit son Livre d’Heures, recueil de prières liturgiques[1], véritable chef d’œuvre de la peinture française du début du 16eme siècle. A l’intérieur de cet ouvrage, elle va évoquer la vieille flore française avant l’invasion des plantes somptueuses des tropiques et de l’extrême Orient.

Au 17eme siècle, les châteaux et les manoirs sont déjà entourés de jardins, cet art réservé aux nobles et aux riches négociants impose l’ordre classique des jardins à la française dans les territoires bretons.

Mais en 1694, sous Louis XIV, la France va mettre la Bretagne au 1er plan de la stratégie militaire et c’est à partir de là que de nombreuses expéditions partiront. Cette même année, sera créé le jardin botanique de l’hôpital militaire de Brest, géré par le jardinier en chef Antoine Laurent, élève d’André Thouin jardinier du roi. Il bénéficiera de graines et de plantes venues du jardin du Trianon à Versailles ; ce qui lui vaudra d’être l’un des plus beaux jardins d’Europe[2].

Le 3 mars 1749, des botanistes comme Michel Adanson seront recrutés par la Compagnie des Indes afin d’aller estimer les ressources naturelles au Sénégal[3]. Plusieurs expéditions suivront avec une des plus connues, celle de La Pérouse en 1785 qui partira de Brest avec deux navires pour un voyage de 4 ans dont il ne reviendra jamais[4].

En 1792, lors de la révolution française, les châteaux et manoirs bretons vont être dévastés et avec eux leurs jardins à la Française détruits ou très abîmés. A partir de 1850, jusqu’à 1870, de nombreux parcs seront restaurés mais plutôt dans un style ‘Anglais’ ou ‘Pittoresque’ faisant davantage référence à leur style ancestral surtout en Basse Bretagne.

Ce sont les Frères Bühler qui vont participer à leur remise en état, ils participeront également à la rénovation du parc du Thabor à Rennes où la municipalité de l’époque souhaite imprégner les lieux de ce qui se fait dans la capitale[5].

De nos jours, la ville de Rennes reste très précurseur, elle est la première ville en France à avoir adopté la gestion différenciée[6] depuis 1983 afin d’atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement.

De nombreux artistes de Claude Monet à Paul Gauguin seront inspirés par la végétation bretonne[7], ils peindront les paysages de lande avec les ajoncs, emblème de la Bretagne[8] les bruyères ou encore les graminées, mais ils feront abstraction des jardins qui seront trop associés aux souvenirs de la révolution et aux privilèges des seigneurs.

Le 16 juillet 1988, au Mont Marin en Pleurtuit, naîtra l’APJB[9] (Association des Parcs et Jardins de Bretagne), créée un an après l’ouragan du 15 octobre 1987 qui avait dévasté de nombreux parcs. Elle aura pour objectif, la protection, la sauvegarde et la mise en valeur des parcs et jardins remarquables de Bretagne qui compte 73 parcs et jardins dont 22 labélisés « jardin remarquable ».

Approche historique des jardins en bretagne (ressources)

[1] Grandes heures d’Anne de Bretagne, 1508. [en ligne]. Bibliothèque nationale de France Département des Manuscrits, Latin 9474. Paris, Mis à jour le 19/11/2012 [consulté le 11 juillet 2016] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f275.item.zoom

 

[2] DIZERBO A.H Les cahiers de l’Iroise, N° 174 – Avril 1997. p.58-59

[3] Damblant, Michel. Le tour du monde dans son jardin : plantes voyageuses et explorateurs. Brest : Editions Géorama, 2014. 281 p. ISBN 978-2915002-57-7

[4] Thalassa. L’expédition Lapérouse: Au-delà d’un naufrage [vidéo en ligne]. Youtube, le 30 juin 2017 [consulté le 16 juillet 2017]. 1 vidéo, 52min. https://www.youtube.com/watch?v=MTmTgU0LMAs

[5] Nourry, Louis Michel. Le Thabor : Renaissance d’un patrimoine rennais. Rennes : Editions Apogée, 2013. 94 p. ISBN 978-2-84398-446-4

[6] Fredon Bretagne. Guide des alternatives au désherbage chimique dans les communes [en ligne]. FEREDEC Bretagne, 2012. [consulté le 13 avril 2017] p.14-21

Adresse de l’article : http://www.fredon-bretagne.com/download/guide-des-alternatives-au-desherbage-chimique-dans-les-communes/?wpdmdl=2183

[7] Gariou, André. Pont-Aven cité des peintres : De la colonie artistique à l’école de Pont-Aven. Saint-Brieuc : Editions Coop Breizh, 2016. 92 p. ISBN 978-2-84346-800-1

[8] (De Beaulieu François. L’Ajonc Emblème de la Bretagne. Morlaix : Skol Vreizh, 2017. 78 p. ISBN 978-2-36758-070-8)

[9] Oberthür, Odile. Les cahiers de l’Iroise, N° 174 – Avril 1997. p 4

Merci à tous ceux et celles qui m’ont aidé dans mes recherches afin de rédiger le chapitre sur l’approche historique des jardins en Bretagne.